Observer les macareux en Islande

Véritable mascotte de l’Islande, le macareux moine est l’oiseau emblématique du pays et l’une des plus grandes attractions touristiques de cette île pendant les quelques mois où il rejoint la terre ferme. Alors quand et où l’observer ? Mais aussi qu’est-ce qu’un macareux moine ? Découvrez dès maintenant tout ce qu’il faut savoir sur cet adorable volatile noir et blanc avec son grand bec coloré, et préparez votre excursion pour découvrir le puffin (en anglais ou lundey en islandais) !



Observation de baleines et macareux

Où voir et prendre en photo les macareux moines islandais ?

Que vous soyez un passionné d’ornithologie ou simplement un voyageur, voir de ses propres yeux des macareux moines est l’une des étapes essentielles lorsque l’on se rend en Islande entre avril et août. Cependant, ce volatile n’est pas présent sur toute l’île, mais sur seulement certaines de ses côtes, celles les plus escarpées. L’île comptant plusieurs millions de macareux, vous devriez, si vous vous rendez aux bons endroits et à la bonne heure, en rencontrer et prendre de sublimes photos de ces oiseaux assez uniques.

Quels que soient les lieux, quelques petites choses sont à noter avant de partir en expédition :

  • Lorsque vous approchez des colonies, soyez silencieux et ne vous approchez pas trop pour ne pas les faire fuir.
  • Les macareux sont souvent en mer pour pêcher, préférez donc tôt le matin ou tard le soir pour les observer (cela dépend des lieux).
  • Si vous voulez maximiser vos chances d’en observer, vous pouvez faire l’un des très nombreux « Puffin tours » qui sont proposés sur l’île.

Vous découvrirez juste en-dessous les lieux où il est le plus facile d’admirer ce gracieux oiseau.

Les îles Vestmann

Cet archipel situé juste en-dessous de l’île principale est la principale colonie de macareux moines du monde avec une population de 2 à 4 millions d’oiseaux pour 1 million de nids. Ils nichent en grande partie sur l’île Heimaey et notamment sur la falaise d’Heimaklettur (283 mètres de haut !), mais pas seulement. Cette île est aussi connue pour accueillir d’autres oiseaux dont des fulmars.

Les îles à proximité de Reykjavik

A quelques minutes en bateau de Reykjavik, on trouve l’île de Lundey (l’île aux macareux en islandais) qui accueille une colonie de 20 000 macareux et aussi celle de d’Akurey.

Latrabjarg

Située dans les fjords de l’ouest, se trouve la falaise de Latrabjarg, qui abrite une très grande colonie de macareux moines très peu farouches et qu’il est facile d’observer.

Hornbjard

Là encore dans les Westfjords, à l’extrême nord-ouest, on trouve la réserve de Hornstrandir. Dans cette zone difficilement accessible (seulement à pied), se trouve l’une des plus belles et sauvages colonies de puffins. Pour cela, rendez-vous sur les falaises du Hornbjard.

Dyrhólaey

Cette petite péninsule de l’extrême sud de l’Islande, juste à proximité de Vik, abrite de petites colonies. Mais il est préférable de faire un puffin tour si vous souhaitez les voir.

Dans les fjords de l’est

Même s’ils sont moins présents qu’ailleurs, on peut en observer notamment sur l’île de Papey et vers Borgarfjörður Eystri.

Dans le nord du pays

Dans cette vaste zone, il faut principalement aller vers l’île de Grímsey, l’île de Drangey et la péninsule de Tjörnes.

Petite présentation de l’oiseau

Le macareux moine, aussi appelé perroquet de mer, a comme nom scientifique Fratercula arctica (petit frère de l’Arctique). Il s’agit d’une espèce d’oiseau marin pélagique qui vit dans l’Atlantique Nord et qui passe la majorité de l’année en haute mer. Il ne revient sur terre que pendant quelques mois pour se reproduire et élever ses poussins jusqu’à ce qu’ils puissent prendre leur envol.

Morphologie

De la taille d’un pigeon (environ 30 cm de long, pour une envergure de 60 cm et un poids de 500 g), cet oiseau dispose d’une silhouette caractéristique, avec son corps arrondi ainsi que sa grosse tête. Il dispose aussi de couleurs très vives (surtout chez l’adulte), en particulier sur son imposant bec triangulaire (du rouge au bleu gris en passant par l’orange) et autour de ses yeux, et d’un plumage noir (sur le dos, les ailes et la nuque) et blanc (le ventre, les joues et au-dessus des yeux). Pour finir la présentation de l’oiseau, il dispose d’ailes courtes mais puissantes (idéales sous l’eau ou pour voler au ras de la mer), de pattes palmées orange (qui ne lui servent pas à nager).

Lorsqu’il est poussin, le macareux est différent, avec un duvet brun-noir qu’il garde trois semaines, puis qui est remplacé par des plumes quand il est âgé d’environ un mois. Il va mettre plusieurs années (environ 3) avant d’avoir des couleurs aussi vives que les adultes.

Un grand pêcheur et oiseau de mer

Le macareux moine est un oiseau pélagique, c’est-à-dire un oiseau de haute mer. Effectivement, cet oiseau passe la grande majeure, partie de sa vie en pleine mer et plus particulièrement dans l’Atlantique Nord et le sud de l’Océan Arctique. Durant l’hiver, il peut descendre plus au sud, mais en restant toujours sur les mers et océans. Il va alors rester pendant des mois en pleine mer, sans toucher terre et souvent de manière solitaire.

Il cherche avant tout les zones où se trouvent de nombreux poissons dont il se nourrit, notamment de harengs juvéniles, des capelans, des lançons adultes ou des motelles, mais aussi des calamars et des crustacés. Il pourra alors se servir de ses talents d’oiseau marin, ceux qui lui permettent de plonger dans l’eau pendant 20 à 60 secondes et d’y être très agile grâce à ses petites ailes. Il va pouvoir attraper plusieurs poissons et les stocker dans son bec.

Le macareux ne touchera terre que pendant sa période de reproduction, entre avril et août. Il va alors pondre ses œufs dans le Golfe du Labrador et le nord-est du Canada, l’ouest du Groenland, le nord des îles britanniques, les côtes ouest et nord de la Scandinavie, l’archipel de Svalbard ou encore la Nouvelle Zemble. Mais bien sûr, sa zone de reproduction favorite est l’Islande avec entre 4 et 6 millions d’individus (presque la moitié du nombre de macareux moines total) et ses côtes fort poissonneuses et qui disposent de sites de ponte idéaux avec des falaises.

Le macareux a effectivement besoin d’un endroit en hauteur pour faire son nid-terrier qu’il creuse dans le sol herbeux du haut des falaises. Ce dernier peut être assez profond (de 1 à 2 m) et il va permettre d’entreposer le seul œuf, de la couvée d’un couple monogame (souvent durant plusieurs saisons), pendant une quarantaine de jours. Le jeune poussin va ensuite être nourri de poissons entiers pendant environ 6 semaines. Ses parents arrêteront de le nourrir pendant leur mue, ce qui va pousser l’oisillon à sortir de son nid et à faire son premier vol, qui malheureusement sera dangereux tant en terme de chute que de prédation.

Il va ensuite pouvoir se reproduire à partir de 5 ans en revenant sur son lieu de naissance et trouver une moitié qu’il gardera pendant plusieurs années, voire à vie. Il passera ensuite le reste de sa longue vie (environ 25 ans) entre haute mer et terre…

Whale Watching Iceland Puffins

Une espèce de plus en plus vulnérable

Les « petits frères du nord » sont une espèce d’oiseaux très appréciée des Islandais et des touristes. Malheureusement, les habitants de cette île ne font pas que d’admirer et prendre en photos, ils s’en servent aussi… pour se nourrir ou d’autres utilisations. En effet, terre pauvre en ressource naturelle, les îliens utilisaient tous ce qu’il trouvait et les macareux était manger, tout comme leurs œufs, alors que le duvet était lui aussi utiliser. Aujourd’hui encore, on trouve dans de nombreux restaurants des plats à base de viande de macareux, comme le cœur cru de macareux qui est un plat traditionnel islandais.

Même s’il n’est pas en danger d’extinction selon le Statut de conservation de l’UICN, le macareux moine est une espèce vulnérable avec un nombre d’animaux relativement stable depuis des décennies, même si on note des baisses dans certaines colonies et cela même en Islande. Cet oiseau va en effet être très sensible à la variation des quantités de poissons, mais aussi aux réchauffements climatiques, mais aussi aux perturbations de son environnement lors de la période de reproduction.

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