Observation des baleines en Islande

Observation des baleines en Islande
3.6 (72%) 10 votes

Vous rêvez depuis des années de voir des baleines dans leur environnement naturel, la mer ? Alors, profitez d’un séjour en Islande pour découvrir les plus grands animaux vivant sur notre planète dans l’océan, ce qui est forcément quelque chose d’exceptionnel ! L’Islande est le pays parfait pour admirer les cétacés grâce à des balades en bateau dans les fjords et baies islandais. Alors, même si le pays pratique encore la chasse, il est préférable de faire une excursion pour observer les baleines nager plutôt que de favoriser la chasse en les consommant dans un restaurant. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’observation de ce mammifère marin, mais aussi sur l’histoire des baleines en Islande, la chasse ou encore la défense…

Les différents types de baleine en Islande

Grâce à leur situation exceptionnelle au milieu de l’Atlantique Nord, à la rencontre d’un courant froid sur les côtes nord et ouest avec un courant chaud sur les côtes sud et est, les eaux islandaises sont très poissonneuses et riches en planton et krill. Ce garde-manger conséquent et la présence de fjords et de baies aux eaux assez profondes attirent alors une faune nombreuse, dont plus d’une dizaine d’espèces de cétacés, et donc de baleines, mais aussi des dauphins.

Selon la zone où vous naviguerez, vous pourrez observer différents types de cétacés. Cependant, on trouve principalement en Islande les espèces de baleines suivantes :

  • La baleine bleue ou le rorqual bleu : c’est le plus grand animal vivant sur Terre et il est possible de l’observer dans les fjords du nord de l’île. Ces dimensions sont impressionnantes : de 25 à 33 m de longueur pour un poids de 110 à 190 tonnes.
  • Le rorqual commun : c’est le second plus grand animal vivant sur notre planète, avec 20 à 25 mètres de long pour un poids de 50 à 80 tonnes. Elle nage dans la majorité des mers du globe et on la retrouve donc le long des côtes islandaises.
  • Le rorqual boréal : autre géant des mers, le rorqual boréal apprécie la plupart des océans de la planète, sauf ceux qui sont trop chauds ou froids. Leur taille est, là aussi, impressionnante avec 15 à 20 m de long et 20 à 30 t en poids.
  • La baleine à bosse : ce cétacé est très connu pour ses célèbres sauts qu’il effectue hors de l’eau et ses chants. La baleine à bosse fait normalement de 13 à 17 m de long pour un poids de 25 à 40 t. Elle est assez difficile a admirer, car assez timide. Pour la voir, il faut se rendre sur les côtes nord du pays.
  • La baleine de Minke ou petit rorqual : c’est la baleine la plus commune le long des côtes islandaises (environ 32 000 individus), surtout l’été. Vous aurez alors souvent la chance de l’observer lors de vos safaris, car ce petit rorqual aime suivre les bateaux. C’est le plus petit représentant de son espèce, avec une taille de 7 à 10 m et un poids de 8 à 10 t.

D’autres cétacés nagent en Islande, et c’est notamment le cas de :

  • Le grand cachalot : il s’agit de la plus grande espèce de cétacé à dents avec une taille pouvant atteindre de 8 à 20 m et un poids de 20 à 50 t. Ce prédateur chasse principalement les calamars, mais aussi les phoques ou les requins, et il apprécie les eaux très profondes car c’est le meilleur plongeur parmi les mammifères.
  • L’orque ou l’épaulard : ce super prédateur vit en groupe de plusieurs individus à plusieurs dizaines. Il chasse un peu près tout, de simples poissons en passant par les phoques, requins, voire même les cachalots ou les plus grandes baleines ! On en trouve en Islande et justement la célèbre orque de Sauvez Willy, Keiko, fut capturée dans les eaux islandaises en 1979 et relâchée 20 ans plus tard. Les orques font de 6 à 9 m de long pour un poids de 3 à 9 t.
  • Le dauphin à bec blanc : c’est le seul véritable dauphin que l’on rencontre dans les mers autour de l’Islande. Il est rapide et puissant avec des couleurs mêlant le blanc au bleu gris sombre. Il fait entre 2,5 à 3 m de long et de 180 à 350 kg. Il nage principalement dans les eaux du sud de l’Islande.
  • Le marsouin commun : ce petit cétacé peuple surtout les zones côtières du nord de l’hémisphère nord et donc les eaux assez froides. On le retrouve donc tout autour de l’Islande où il se nourrit de poissons. Sa taille est de 1,5 à 2 m et de 55 à 70 kg.

Les grands lieux d’observation des baleines en Islande

Vous souhaitez observer les baleines lors de votre séjour dans le pays ? Il faut savoir qu’il existe quelques grands lieux pour l’observation des cétacés, car même si les baleines sont observables sur toutes les côtes islandaises, certaines se plaisent plus à certains endroits, et surtout certains endroits sont plus accueillants. Les grandes régions pour l’observation des cétacés se trouvent donc principalement dans le nord du pays et dans l’ouest, dans les grands fjords qui s’y trouvent. Les zones les plus intéressantes sont dans le nord de l’île avec une probabilité de voir un cétacé de 95%.

Pour maximiser vos chances, il est préférable de faire une sortie en bateau entre avril et octobre, quand les baleines migratrices reviennent dans les eaux d’Islande.

Les plus grands ports d’attaches pour faire une sortie sont :

  • Husavik : c’est la capitale pour l’observation de la baleine en Islande. Ce village de pêcheurs s’est donc largement reconverti dans cette activité et on y trouve plusieurs grandes compagnies qui permettent d’admirer différents types de baleines qui nagent dans la baie de Skjálfandi.
    • Types de baleines les plus visibles : baleine à bosse, baleine de Minke, baleine bleue et dauphin à nez blanc.
    • Probabilité de voir un cétacé : 99%
    • Saison d’observation : de mai à novembre
    • Prix estimé : environ 10 000 à 12 000 ISK
  • Akureyri : La capitale du nord de l’Islande et seconde ville du pays est aussi un des grands lieux pour voir les cétacés nager. On trouve aussi dans cette ville plusieurs compagnies qui proposent des excursions dans le très beau fjord de Eyjafjörður.
    • Types de baleines les plus visibles : baleine à bosse, baleine de Minke, marsouin et dauphin à nez blanc.
    • Probabilité de voir un cétacé : 99%
    • Saison d’observation : de mai à novembre
    • Prix estimé : environ 10 000 à 12 000 ISK
  • Reykjavik : il est possible d’admirer des cétacés depuis des croisières partant depuis le port de la capitale islandaise ou celui de villes de son agglomération, comme Hafnarfjörður pour naviguer dans la baie de Faxaflói. Les baleines que l’on peut voir durant ces croisières sont moins nombreuses et moins impressionnantes, mais la balade est accessible au plus grand nombre, car la plupart des touristes passent par Reykjavik et on trouve de très nombreuses sociétés qui en organisent.
    • Types de baleines les plus visibles : baleine de Minke, marsouin commun et dauphin à nez blanc.
    • Probabilité de voir un cétacé : 95%
    • Saison d’observation : toute l’année
    • Prix estimé : environ 10 000 à 12 000 ISK
  • Dalvík : Situé au nord d’Akureyri sur les bords de Eyjafjörður, ce petit village de pêcheurs s’est aussi spécialisé dans l’observation des cétacés, mais de manière beaucoup moins industrielle que dans les grands ports. D’ailleurs, il existe essentiellement un bateau qui propose des sorties.
    • Types de baleines les plus visibles : baleine à bosse, baleine de Minke, marsouin commun et dauphin à nez blanc.
    • Probabilité de voir un cétacé : 98%
    • Saison d’observation : de mai à novembre
    • Prix estimé : environ 9 000 à 11 000 ISK
  • Hauganes : Ce village est situé entre Akureyri et Dalvik sur les bords du fjord Eyjafjörður. Ce petit port de pêche a vu certains de ses habitants se convertir dans l’observation de cétacés. On est, là aussi, loin des grandes compagnies et de la forte fréquentation touristique.
    • Types de baleines les plus visibles : baleine à bosse, baleine de Minke, marsouin commun et dauphin à nez blanc.
    • Probabilité de voir un cétacé : 99%
    • Saison d’observation : de mai à novembre
    • Prix estimé : environ 9 000 à 11 000 ISK

Histoire de la baleine en Islande

Les mythes et folklore

Depuis plusieurs siècles déjà, voire même depuis le début de la colonisation de l’Islande, les baleines sont présentes dans le folklore et les mythes du pays. Certaines sagas du pays mettent d’ailleurs en avant les baleines, qui y étaient alors souvent des montres marins. Il est vrai que les rares rencontres se faisaient souvent en mer, sur les petits embarcations des Islandais. Cependant, les cétacés ne sont pas seulement importants d’un point de vue culturel, mais aussi économique et alimentaire.

Le début de la chasse

L’île étant assez pauvre au niveau agricole, ces habitants ont rapidement voulu profiter des ressources de la mer, alors ils ont cherché de la nourriture là où elle se trouvait. Cependant, la pêche à la baleine ne se développe que tardivement (vers le XVIIIe et XIXe siècle avec l’essor des grosses embarcations). Les Islandais vont alors se servir de ce que la mer rejette, et donc des cadavres de baleines échoués. Il est aussi à noter que le terme signifiant « chasse à la baleine » en islandais, hvalreki, veut aussi dire « échoué » ou « jackpot ».

Ils commencent doucement à chasser les baleines à partir du XIIe siècle dans des petites embarcations avec des harpons. Ils piègent alors surtout les dauphins au fond des océans. C’est aussi vers cette époque, au XIIIe siècles, que les premiers auteurs, dont Jón Guðmundsson, vont s’intéresser à recenser de manière plus  précise les cétacés qui fréquentent leurs eaux.

Le développement de pêche

Les Basques vont ensuite être les principaux chasseurs de baleines dans les mers qui entourent l’Islande. En effet, ces derniers, après avoir chassé pendant plusieurs siècles dans le golfe de Gascogne, remontent ensuite vers les eaux du nord et atteignent l’île de feu et de glace durant le siècle XVIIe ou XVIIIe siècle. Ils vont pratiquer la pêche extensive et ils installent de petits bâtiments sur les côtes des fjords du nord-ouest. Cependant, cette installation est illégale et il y a parfois des conflits violents avec les locaux.

A partir des années 1800, la chasse se développe donc et c’est avec la pêche ce qui permet à l’Islande de s’industrialiser et de s’urbaniser. Les premières villes, ainsi que les gros villages, apparaissent le long des côtes dont certaines sont proches des zones où nagent les baleines (comme Reykjavik, Akureyri ou Husavik). Les techniques de pêche modernes viennent de pays comme les Etats-Unis, la Norvège et c’est d’ailleurs cette dernière qui s’impose dans le pays. Vers 1880-1900, plus d’une dizaine de compagnies norvégiennes pêchent dans les eaux de l’île principalement, ce qui a tendance à créer de nombreux conflits avec les Islandais.

A l’époque, les principales espèces chassées sont les baleines bleues et les rorquals communs, mais aussi les baleines à bosse et les rorquals boréaux. Les baleines de Minke sont encore protégées par les croyances des insulaires.

Les premières interdictions

Permettant l’apport d’argent dans l’île, mais gênant la pêche au hareng, la chasse est controversée, surtout qu’elle est pratiquée par des Norvégiens. Plusieurs interdictions vont alors apparaître dès 1886 (avec une limitation des périodes de chasse), de 1915 à 1928 la chasse est totalement interdite, puis en 1935, la pêche au cétacé ne peut être faite que par des Islandais.

Chasse, observation et protection

Même si la chasse est encore très ancrée dans les traditions islandaises, la situation évolue petit à petit avec la nouvelle génération qui arrive, mais aussi grâce au développement touristique. En effet, les touristes sont de plus en plus friands de l’observation des cétacés, ce qui va à l’encontre de la chasse et de la consommation de baleine.

Une chasse qui continue encore, mais controversée

Aujourd’hui, l’Islande est l’un des rares pays dans le monde à autoriser la chasse de baleine avec le Japon ou la Norvège, ce qui va logiquement la mettre au ban de la communauté internationale. Très réglementée par la CBI, la chasse à la baleine à but commercial est normalement interdite, mais certains pays dont l’Islande utilisent un autre terme : la chasse scientifique. Cependant, le pays est de nouveau confronté à des tensions internationales avec de nombreux pays qui souhaitent protéger les cétacés comme les USA, la France, le Royaume-Uni ou l’Allemagne.

Aujourd’hui encore, le pays a repris la chasse commerciale, malgré la pression d’autres pays, et il délivre chaque année un quota de pêche pour deux espèces, la baleine de Minke et le Rorqual commun. Le problème, c’est que les produits de la chasse sont souvent exportés comme pour le rorqual commun, le Japon étant l’importateur de tous les rorquals communs pêchés en Islande. Les baleines de Minke sont par contre pour la consommation locale, mais comme les Islandais mangent de moins en moins de viande de baleine (3%), le principal débouché est touristique.

Voici les chiffres sur les dernières années :

  • 2015 :
    • Baleines de Minke : 29 tuées sur un quota de 239
    • Rorqual commun : 155 tués
  • 2016 :
    • Baleines de Minke : 46 tuées
    • Rorqual commun : 0, suite à des loudeurs administratives japonaises et à des difficultés pour exporter la viande par bateau
  • 2017 :
    • Baleines de Minke : 17 tuées pour un quota de 224 baleines
    • Rorqual commun : 0 pour les mêmes raisons qu’en 2016

Le point de vue des Islandais

Depuis plusieurs décennie la chasse de ce mammifère est pointée du doigt par de nombreux pays, surtout occidentaux et par leurs opinions publiques. Pourtant, les habitants de cette île ont toujours défendu cette activité pour plusieurs raisons :

  • Tradition : pourtant comme nous l’avons vu ci-dessus, il s’agit plutôt d’une activité amenée par les étrangers
  • Economique : l’industrie de la chasse à la baleine génererait plusieurs dizaines de millions d’euros
  • Patriotique : beaucoup d’Islandais ne sont pas forcément pour, mais ils ne veulent pas que des pays étrangers se mêlent de leurs affaires.

D’ailleurs, en 1986 la chasse attire l’attention de Sea Shepherd Conservation Society qui va couler 2 navires (soit la moitié de la flotte). Cet acte parfois considéré comme de l’éco-terrorisme a eu des effets plutôt négatifs pour la protection des baleines, car les Islandais ont soutenu la pêche pendant plusieurs années, alors qu’ils n’étaient pas forcément pour avant. La pêche a donc repris normalement sont cours.

Aujourd’hui, avec l’essor de l’observation de ces mammifères marins, la situation s’inverse petit à petit. Les habitants ne consomment presque plus de baleine (3%), la majorité étant consommée par des touristes (surtout asiatique) ou exportée. La part des touristes mangeant des baleines diminue là aussi, en passant de 40% qui goûtaient durant leur séjour en 2009 à seulement 12% en 2016. Cependant, la fréquentation touristique ayant explosé, la consommation a en fait un peu augmentée.

D’ailleurs, l’IceWhale (Icelandic Whale Watching Association) pense que la chasse à la baleine devrait disparaître des eaux islandaises d’ici quelques années, grâce à l’évolution des mentalités des insulaires et aussi à l’augmentation du développement de l’observation des mammifères marins.

Le développement de l’observation des cétacés

En 2006, seulement 80 000 personnes admiraient chaque année les cétacés dans les eaux islandaises. En 2016, ce chiffre a quadruplé pour atteindre 355 000 visiteurs (+30% par rapport en 2015), ce qui en fait le premier pays pour l’observation des baleines au niveau européen. Plusieurs grands spots permettent de les observer, c’est notamment le cas de la baie de Faxaflói (depuis Reykjavik), de Husavik ou encore d’Akureyri.

L’observation génère aujourd’hui de plus en plus de revenus pour l’Islande (23 millions de dollars), ce qui représente une part non négligeable par rapport au PIB islandais. De plus, cette activité permet de reconvertir d’anciens baleiniers, mais aussi de faire travailler des pêcheurs dans un domaine en plein développement. Cependant, la chasse à la baleine générerait encore plus d’argent avec des chiffres estimés vers 80 millions de dollars.

Protection des baleines

L’Islande est donc aujourd’hui l’un des rares pays qui continuent de chasser les cétacés et d’en consommer. Tradition ou intérêt économique, les raisons qui poussent le gouvernement islandais à continuer cette pêche sont multiples. Plusieurs associations, comme Hvalaskoðunarsamtök Íslands (association de protection des baleines islandaises) ou l’IFWS (Fonds international pour la protection des animaux), cherchent à faire changer les habitudes et les mentalités du pays pour permettre à ces sublimes animaux de vivre paisiblement.

Pour continuer à faire évoluer la situation pour améliorer la protection des cétacés, il est possible de :

  • Ne pas manger de la viande de baleine
  • Boycotter les restaurants qui en proposent, certains à Reykjavik se sont engagés à ne plus en servir
  • Observer les baleines, car il vaut mieux un peu les déranger que de les chasser avec un canon