La flore islandaise

Située juste en-dessous du cercle polaire, l’Islande présente un climat très rude de part sa géographie spéciale. Les côtes de cette île sont souvent battues par les vents, ainsi que l’intérieur des terres. Le climat est subarctique, voire arctique. La vie, tant animale que végétale, a dû progressivement s’adapter pour s’installer dans un environnement si hostile. Mais il n’y a pas que le vent et les températures – rarement supérieures à 15°C en été – qui compliquent l’existence et le développement de la faune et de la flore. L’activité volcanique soutenue joue aussi un grand rôle : les éruptions, et les déserts de cendres qui en résultent, ne facilitent pas l’implantation des végétaux, qui mettent beaucoup du temps à pousser. La présence de glaciers n’est pas non plus pour arranger tout cela : l’absence de chaleur l’été empêche les arbres de pousser et l’altitude entretient le froid rigoureux.

La flore islandaise se compose de 440 espèces de plantes vasculaires dont la grande majorité n’est pas endémique à l’île. On les retrouve notamment en Norvège (97%), dans les îles britanniques (85%) et au Groenland (66%). Presque la moitié de ces 440 espèces sont des survivantes de l’ère glaciaire.

L’homme a apporté son grain de sel à l’équilibre de la flore : déforestation, sur-pâturage et importation de nouvelles espèces, avec des conséquences qu’il n’avait souvent pas mesurées..
Nous allons nous intéresser à la flore islandaise, tant aux petites plantes et aux mousses et lichens, qu’aux arbres, fort peu nombreux.

Champ de lave avec de la mousse

Plantes et fleurs

Terre froide et désertique, l’Islande est essentiellement peuplée de plantes non ligneuses (végétal qui n’est pas un arbre) : champignons, mousses, lichens, et graminées.

Mousses et lichens

L’Islande est régulièrement le théâtre de violentes et impressionnantes irruptions volcaniques. Celles-ci apportent des centres et des matières magmatiques, et en recouvrent plusieurs hectares. La végétation peine à pousser dans un tel contexte, et ce sont souvent les mousses ou lichens qui tapissent ce territoire d’un nouveau tapis jaune ou vert, à même le sol ou sur les rochers. Cette croissance est toutefois très longue (plusieurs centaines d’années !), et il est fortement déconseillé de marcher sur ces végétaux très fragiles, et bien sûr de les cueillir.

Autres plantes

L’Islande est souvent recouverte de prairies et d’alpages dans lequels on peut retrouver des espèces variées.

Nous allons commencer par les plantes vivaces. Parmi celle-ci on peut croisées l’armérie maritime (sur les côtes), la benoîte des ruisseaux, la dyrade à huit pétales, le seigle de mer, la fléole des prés, la grassette, la linaigrette de Scheuchzer (une fleur ressemblant au coton), la lychnis des Alpes, le pissenlit, le populage des marais, la saxifrage pyramidale, le silène dioïque, le silène maritime, le trolle d’Europe et le vulpin des prés.

Champ de ligrainette dans le Landmannalaugar

Parmi les végétaux rampants, on peut citer l’azalée alpine, la bartasie alpine, la campanule à feuilles rondes et le silène acaule (qui est également vivace). Les divers autres végétaux sont, pèle-mêle, l’angélique verte, les centaurées, les céraistes, le cranson arctique, les cytises, l’épilobe arctique, le gaillet, la gentiane des neiges, le géranium des bois, les joncs, la myrtille, l’orpin rose, le pavot d’Islande, le pourpier de mer, la roquette de mer et le thym arctique.

Pour empêcher la désertification, l’homme a semé des tonnes de graines de lupins d’Alaska pour fertiliser les sols. Cette plante ravit les pupilles car elle permet d’obtenir de jolis tapis violets à l’approche de l’été. Cependant, bien que la plante réussit à bien s’implanter, elle ne devient pas invasive car elle meurt au bout de 15 à 40 ans.

lupin d'Alaska en Islande

 

Forêts

La présence rare d’arbres est d’ailleurs au centre d’une vieille plaisanterie islandaise : pour voir la fin de la forêt, il suffit de se mettre debout…

Histoire

La forêt était abondante au début de la colonisation viking, il y a onze siècles, depuis la base des montagnes jusqu’à la mer. Elle couvrait 30% du territoire islandais. Les seuls arbres ayant survécu à l’ère glaciaire qui s’est achevée il y a cent siècles sont le bouleau pubescent et le bouleau nain.

Mais l’arrivée des hommes a signé la fin de cette forêt abondante. Les gens ont massivement coupé les arbres pour transformer le bois en habitations ou en matière première de chauffage. Pendant ce temps, les ovins et les équidés broutaient l’herbe fine et les jeunes pousses, empêchant le renouvellement de la flore et dégradant gravement l’intensité et la taille de la forêt. Deux cents ans plus tard, l’île avait déjà certains aspects d’aujourd’hui : des territoires désertiques, de vastes étendues herbeuses (toundra et pâturages). Le rude climat et les différentes activités volcaniques ont eu raison de la forêt. Enfin, la forte chute des températures durant le XIVème siècle a encore davantage compliqué la vie et l’implantation de la flore en Islande. Pour ne rien arranger, l’érosion a, quant à elle, été facilitée par l’importante pluviométrie (surtout dans une moitié sud – sud-ouest), le sol composé de roches volcaniques poreuses et les vents violents.

Forêt d'Hallormsstadur

Arbres et arbustes aujourd’hui

Depuis quelques années, l’Islande a cherché à reboiser massivement. Financée par diverses taxes et dotée d’un budget toujours plus élevé, la plantation durable d’arbres est devenue une des priorités du gouvernement. Celui-ci n’a pas négligé le rôle d’apprendre aux jeunes générations l’importance des végétaux, puisque des opérations de semis ont même été organisées dans des écoles.

La campagne de reboisement a porté ses fruits. Certaines forêts de conifères culminent aujourd’hui à 20 mètres de haut. Les endroits qui ont été reboisés abritent de nouvelles espèces, de végétaux et d’oiseaux (pinsons des arbres, roitelet huppé, merle noir) surtout, et de champignons. Le principal souci réside dans le fait que nombre de ces nouvelles espèces, parfaites dans d’autres contrées, ne sont pas bien très adaptées au climat et aux vents islandais. Les essences les plus plantées sont le bouleau indigène et le mélèze de Sibérie. Parmi les espèces importées, on retrouve plusieurs espèces d’aulnes (blanc, sineux ou à feuilles minces), qui sont positifs contre l’érosion, mais aussi le bouleau blanc et le tremble. Parmi les essences qui proviennent d’autres pays, le peuplier baumier d’Occident, originaire de l’Alaska, est le plus souvent planté. En quantités plus modestes, on peut également croiser des conifères provenant d’autres contrées : l’épicéa de Sitka (courant dans les forêts islandaises), le pin d’Ecosse (décimé par un puceron dans les années 1960), le sapin de Norvège (qui n’aime pas le vent) et le pin lodgepole.

Dans les zones relativement urbaines, le résultat se fait plus spectaculaire. Les rues de Reykjavik, autrefois vides d’arbres, en sont désormais bordées. Des bâtiments, jadis au cœur d’un lopin dégarni, sont entourés d’arbustes.

Une des plus belles forêts de l’île, située dans l’est de l’Islande, s’appelle la forêt d’Hallormsstadur. Elle possède une superficie de 2300 hectares, et l’on peut s’y promener agréablement à pied ou à cheval.

Les véritables forêts recouvrent aujourd’hui moins de 1,5% de l’île, mais les efforts se poursuivent toujours et, en 1995, la coupe rase de forêts naturelles sans autorisation a été proscrite. Le rythme actuel des plantations atteindrait 5 millions d’arbres par année. Dans quarante ans, au moins 5% des basses terres d’Islande devront être reboisées.

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