Croisière et pollution, l’Islande s’apprête à bannir le pétrole lourd de ses eaux territoriales

Croisiere Islande

Soucieuses de préserver l’environnement sur l’île de glace et de feu, les autorités islandaises ont déclaré début décembre 2019 l’interdiction du fioul lourd dans les eaux territoriales d’Islande. Cette nouvelle mesure a pris effet le 1er janvier 2020, au grand dam des géants de la croisière. Les paquebots de plaisance sont effet parmi les principaux déverseurs de ce polluant qui figure parmi les plus « sales » des carburants de bateaux.

Une mesure radicale en faveur de l’environnement

L’Islande prend une mesure radicale, celle d’interdire l’utilisation de fioul lourd dans ses eaux territoriales. Rendue publique début décembre 2019 alors que la COP25 se déroulait à Madrid, cette interdiction est déjà en vigueur depuis le 1er janvier 2020.

Les autorités islandaises, représentées par Guðmundur Ingi Guðbrandsson, le ministre islandais de l’environnement, ont pris cette décision afin de préserver l’environnement. En effet, l’indice de pollution du fioul lourd est très élevé à cause de son taux important de soufre en plus d’autres impuretés. D’ailleurs, ce carburant dégage une grande quantité de suie très nocive. Elle est particulièrement dangereuse pour la santé à la fois des hommes et des espèces animales. Elle s’évapore également dans l’atmosphère. Une certaine partie se dépose sur les glaciers et tout cela contribue à la fonte glaciaire, un problème actuellement très alarmant.

Et pourtant, le mazout lourd reste le principal carburant utilisé par les paquebots de plaisance (notamment de croisière) et par les cargos commerciaux. Et cette interdiction est devenue plus qu’urgente compte tenu du nombre croissant des bateaux de croisières qui vont et viennent dans les eaux territoriales inslandaises. On en comptait un peu moins de 300 en 2014 contre plus de 850 en 2019.

Les épurateurs devenus obligatoires

Les navires qui continuent de carburer au mazout lourd doivent désormais s’équiper d’épurateurs pour pouvoir naviguer dans les eaux territoriales islandaises. Ces équipements extraient le soufre avant le rejet des gaz par le système d’échappement. Les épurateurs communément appelés scrubbers sont très couteux, mais ils sont donc obligatoires pour les bateaux qui utilisent encore le fioul lourd.

Sur le long terme, cette mesure devra inciter les compagnies de croisières et les firmes de transports maritimes à se tourner vers des énergies plus propres.

Certaines questions se posent quant à la possibilité ou non de continuer l’utilisation du prétrole. Le ministre de l’environnement a bien précisé que oui, le pétrole est toujours autorisé en attendant la démocratisation d’autres énergies plus saines. Bannir le mazout lourd est donc pour le moment la principale finalité de cette mesure.

En tout cas, cette décision de l’Islande entre dans le cadre de la MARPOL, la convention internationale de prévention de la pollution marine par les navires. Pour rappel, cette convention se fixait comme objectif de ramener le taux de soufre à 0.5% au 1er janvier 2020, contre 3.5% en décembre 2019.

Le bannissement du fioul lourd sur ses eaux territoriales est une mesure de plus que l’Islande prend afin de réduire les impacts négatifs de sa notoriété touristique sur l’environnement. Le tourisme est devenu en quelques années le pilier de l’économie de l’île de glace et de lave, mais ce n’est pas sans conséquence sur son équilibre écologique. D’autres mesures sont donc prises parallèlement à cette interdiction du mazout lourd. Les autorités locales, à travers notamment l’initiation de l’Association des professionnels de l’industrie du voyage, investissent notamment dans des infrastructures spécifiques dédiées à mieux préserver la nature et à mieux sensibiliser les touristes sur les comportements respectueux à adopter.

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