Icelandia, un vaste continent sous-marin se trouverait sous l’Islande

Sud du Landmannalaugar depuis le Blahnukur

Qui aurait cru que l’Islande pouvait encore nous cacher des phénomènes géologiques majeurs ? Et pourtant, une équipe internationale d’experts en géologie a publié fin juin une étude présentant l’hypothèse que l’Islande telle que nous la connaissons serait en fait la partie visible d’un gigantesque continent sous-marin désormais baptisé Icelandia. Focus sur cette nouvelle théorie.

Icelandia, un immense continent immergé

Il s’agit pour le moment d’une théorie, mais une théorie des plus sérieuses étant donné la crédibilité des scientifiques qui la présentent. Cette équipe est dirigée par Gillian Foulger, une professeure émérite en géophysique. Elle travaille au département des Sciences de la Terre de l’université de Durham, au Royaume-Uni.

L’équipe avance donc la découverte éventuelle d’un continent immergé qu’elle a baptisé Icelandia. Il s’étendrait sur une surface comprise entre 600 000 km² et 1 million de km² et se situerait dans l’axe Féroé-Islande-Groenland. Selon cette théorie, l’Islande ne serait qu’une infime partie d’Icelandia en étant pour le moment la seule partie émergée connue.

Un continent englouti sur une croûte « océanique » anormalement épaisse

Icelandia présenterait un profil tout à fait inédit, très différent des continents tels que nous les avons toujours connus. En effet, jusqu’ici nous savons que les continents reposent habituellement sur une croûte continentale qui est épaisse. Et d’autre part, une croûte océanique plus mince porte les océans. Et bien, selon les recherches de l’équipe de Gillian Foulger, Icelandia reposerait sur un matériau hybride, présentant des caractéristiques intermédiaires entre la croûte continentale et la croûte océanique.

Gillian Foulger s’est exprimé sur cette théorie totalement inédite en rappelant en premier lieu que l’Islande a toujours laissé les scientifiques perplexes. Les théories géologiques existantes affirment en effet que cette terre de glace et de feu se trouve sur une croûte océanique. Cependant, les données géologiques qui les soutiennent restent pour le moment relativement peu nombreuses.

La réalité est toute autre parce que la croûte océanique sur laquelle l’Islande est implantée est 7 fois plus épaisse que la croûte océanique habituelle. Les chercheurs ont alors émis l’hypothèse qu’il s’agirait en réalité d’une croûte continentale. C’est en tout cas la seule explication qui concorde aux différentes données recueillies jusqu’ici. Mieux encore, la région continentale en question ne se limite pas à l’Islande, mais s’étend donc sur une surface de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés.

C’est encore une hypothèse à confirmer

Évidemment, les recherches de Gillian Foulger et de son équipe n’en sont qu’à leur début. Il faudra encore de nombreuses démarches pour prouver qu’Icelandia n’est pas une utopie. Des experts du monde entier collaborent désormais avec l’équipe. De gigantesques chantiers pour des travaux de forages profonds sont déjà en préparation. Ils pourront débuter dès que les restrictions liées à l’urgence sanitaire du Covid-19 seront levées.

Quoi qu’il en soit, l’existence d’Icelandia est tout à fait plausible si on se base sur les données géologiques actuellement entre les mains des chercheurs. Il s’avère par exemple que le sous-sol islandais renferme du zircon datant des époques géologiques du Jurassique et de l’Archéen. Cela voudrait dire tout simplement que la croûte islandaise existe depuis plusieurs milliards d’années (ce qui serait impossible s’il s’agissait d’une croûte océanique)

En tout cas, la confirmation de l’existence de ce vaste continent sous-marin risque de changer beaucoup de choses. La carte des mers et des océans évolueraient par exemple au fur et à mesure des découvertes des scientifiques. On ne peut pas non plus ignorer les conséquences géopolitiques d’une telle découverte en considérant ce que contiendrait cette croûte continentale en termes d’hydrocarbures et minéraux.

En attendant la suite, les auteurs de la publication n’hésitent pas à soutenir que ce continent immergé serait un fragment de Pangée. Alors que les différents morceaux de ce supercontinent unique se sont brisés à la formation des plaques, celui-ci aurait vraisemblablement résisté. Il s’est plutôt ramolli à cause de l’intrusion de magma. Sa croûte visqueuse lui a alors permis de s’étirer. Affaire à suivre !

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