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Retour sur la catastrophe de Seydisfjordur

Seydisfjordur
© Jón Runólfur Jónsson

La petite ville portuaire de Seyðisfjörður, située dans l’Est de l’Islande, a subi plusieurs glissements de terrain entre le 15 et le 18 décembre 2020. Plusieurs bâtiments ont été détruits par cette catastrophe, considérée comme le plus grand glissement de terrain ayant endommagé une zone urbaine en Islande.

Aucun blessé à signaler mais beaucoup de dégâts matériels. Retour sur cette catastrophe naturelle.

La puissance des éboulements a été inattendue

L’Icelandic Met Office (IMO), l’organisme chargé de la surveillance des risques et des dangers naturels en Islande, a confirmé peu avant le15 décembre que des glissements de terrain étaient probables dans les fjords de l’Est. En effet, plusieurs fissures ont été remarquées. Cependant, les fissures similaires se réajustent progressivement en règle générale. Et les mesures quotidiennes réalisées par l’IMO ont permis de voir que les fissures et la pression de l’eau ont effectivement diminué.

Malheureusement, les risques d’éboulement ont subitement augmenté à la suite des fortes pluies tombées dans la région entre le 14 et le 18 décembre. Les pluviomètres ont en effet enregistré 569mm de pluie durant cette période. Il s’agit là de la plus forte pluie jamais enregistrée en Islande sur seulement 5 jours selon la météorologue Kristin Bjorg Olafsdóttir. En guise de comparaison, les précipitations annuelles moyennes dans la capitale Reykjavik est de plus ou moins 860mm.

Selon Harpa Grímsdóttir, responsable des risques d’avalanche au sein d’Icelandic Met Office (IMO), les précautions d’évacuation ont été mises en place pour des glissements de terrain moins importants. L’organisme n’a en effet pas prévu des glissements de terrain de cette ampleur en montagne.

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Du jamais vu dans cette région d’Islande

Les habitants de Seyðisfjörður ont été surpris par ces éboulements. Des coulées de boue étaient certes attendues, mais les observations préliminaires n’ont pas permis d’anticiper correctement les dangers. Il faut dire que des éboulements de cette ampleur n’ont pas eu lieu depuis des siècles, voire des milliers d’années, selon toujours Harpa Grímsdóttir.

Ainsi, les dégâts ont été relativement importants puisque les coulées de boue ont endommagé gravement une dizaine de maisons. Heureusement, aucun décès n’est à déplorer. L’évacuation de la ville s’est faite sur les deux côtés de la rivière Búðará, et environ 120 personnes ont dû quitter leur habitation.

Une meilleure surveillance à l’avenir

Il faut reconnaître que les pentes situées au–dessus de la ville de Seyðisfjörður font l’objet d’une surveillance pointilleuse depuis toujours. Malgré les performances du système de surveillance déjà en place, les experts de l’Icelandic Met Office (IMO) ont mentionné la mise en place de meilleurs dispositifs.

Le choix de dispositif à mettre en place est encore en cours d’étude, mais on sait déjà que ces nouveaux équipements transmettront des infos en temps réel par rapport aux mouvements du sol et aux niveaux d’eau dans les trous de forage qui se trouvent dans cette zone. L’objectif principal d’une telle surveillance est évidemment de garantir une meilleure sécurité pour la population locale. En tout cas, la solution mise en place évaluera mieux les risques.

Il faut savoir que les glissements de terrain sont susceptibles de partir de différentes hauteurs sur les collines surplombant la partie sud de Seyðisfjörður qui est la partie la plus vulnérable. La zone la plus à risque se situe sous Strandartindur où des éboulements ont déjà été à l’origine d’importants dommages sur des habitations situées sur la côte. Celles-ci se trouvaient essentiellement sur les pentes raides. De plus, la région de Strandartindur se caractérise par d’épais sédiments glaciaires qui favorisent davantage les éboulements.

Quoi qu’il en soit, les autorités s’attendent à divers cas de figure à la suite des glissements de terrain de décembre :

  • Risque de glissement de terrain très puissant, basé sur les glissements préhistoriques. Trois voies principales situées sur le flan de la montagne sont identifiées comme leurs points de départ.
  • Glissements de terrain à partir des fissures causées par les récents éboulements.
  • Glissements de terrain au départ des principaux cours d’eau de la région de Botnabrún.
  • De plus petits glissements de sol au niveau des pentes raides.

L’Islande excelle dans la gestion des urgences et des crises

Les autorités et la population islandaise sont de véritables modèles sur la gestion de crise. Un incroyable élan de solidarité s’est notamment mis en place à la suite des récentes coulées de boue. Une campagne intitulée Saman Fyrir Seyðisfjörður (ensemble pour Seyðisfjörður) a été initiée par plusieurs artistes. Ils se produisent en live sur internet pour récolter des fonds afin de venir en aide aux habitants touchés par la catastrophe.

D’ailleurs, les autorités islandaises étudient déjà les solutions d’anticipation pour mieux agir si de telles catastrophes venaient à se reproduire. Il est notamment question de mettre en place des zones d’habitation « à risque » et de meilleurs plans de surveillance et d’évacuation. Et face à ces catastrophes, le parlement national islandais a voté récemment un plan budgétaire annuel qui augmente de 1,6 milliard de couronnes islandaises le financement des constructions de pare-avalanches.

Cette réactivité n’est pas sans rappeler les anticipations des autorités sanitaires islandaises face à la Covid-19. Alors que ce n’était qu’un lointain virus chinois, les campagnes de dépistage étaient déjà en place en Islande.

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