L’essentiel à retenir : Un périple moto en Islande exige d’anticiper le transport, via le ferry Smyril Line ou le fret, et de privilégier un trail équipé de pneus 50/50. Cette préparation garantit votre autonomie sur les pistes et face au climat changeant. Un budget d’environ 8 000 € est à prévoir pour une aventure complète de 5000 km.
Si la voiture est le moyen le plus classique de faire un roadtrip en Islande, il est aussi possible de découvrir cette magnifique île avec un autre moyen de transport et notamment un qui nécessitera une bonne endurance physique et mentale, la moto. Car partir en deux roues motorisé en Islande est une aventure qui demande une organisation rigoureuse pour affronter la météo changeante et les pistes isolées des Hautes Terres, mais aussi pour arriver en moto jusqu’en Islande.
Ce guide pratique vous donne toutes les clés pour préparer votre monture, choisir entre le ferry et la location, et maîtriser votre itinéraire en toute sécurité.
Pour commencer ce guide rien de mieux qu’une petite vidéo pour vous faire voir les beautés de l’Islande que l’on peut découvrir en moto !
Acheminer sa machine ou louer sur place ?
Après avoir rêvé devant la carte, la première question concrète se pose : comment votre moto va-t-elle toucher le sol islandais ?
La traversée en ferry depuis le Danemark
Le ferry de la Smyril Line, au départ de Hirtshals, reste l’option favorite pour les longs séjours. C’est une immersion immédiate dans l’ambiance du Grand Nord avant d’accoster.
L’arrimage demande une attention particulière sur le pont du Norröna. Vous devez sangler fermement la machine pour affronter les mouvements de l’Atlantique Nord. Le personnel aide souvent les motards.
Le voyage dure environ deux jours en mer. Pour bien préparer votre arrivée, consultez nos conseils sur la conduite en Islande, qui est souvent bien particulière, afin d’anticiper votre débarquement à Seyðisfjörður.
L’option du fret maritime pour les plus pressés
L’envoi par container est une solution efficace pour s’épargner la traversée de l’Europe par la route. Votre moto voyage alors seule, généralement dans un conteneur sécurisé vers Reykjavik.
Anticipez l’envoi plusieurs semaines avant votre arrivée. Le fret prend souvent plus de temps que le ferry direct, avec des délais de transit pouvant atteindre trois à six semaines environ.
La récupération au port de Reykjavik est l’étape finale. Les formalités douanières sont généralement fluides mais demandent une demi-journée. Gardez vos documents de propriété et d’assurance à portée de main.

Calcul de rentabilité entre location et transport
Le ferry représente un coût fixe important, mais le prix d’une location journalière grimpe vite au-delà de 300 euros. Faites le calcul précis selon la durée de votre périple.
Louer sur place libère du souci de la maintenance et de l’usure prématurée des pneus. Votre propre machine exige une révision complète avant d’affronter la poussière et le gravier islandais.
Rouler sur sa propre moto offre une satisfaction unique malgré les contraintes. C’est souvent le choix des passionnés qui veulent vivre l’aventure avec leur fidèle compagne de route.
3 points clés pour préparer moto et équipement
Une fois le mode de transport validé, il faut transformer votre monture en véritable exploratrice des terres boréales.
Le choix du trail et des pneus à crampons
Le trail est la machine polyvalente par excellence pour la moto Islande. Elle encaisse les chocs et les imprévus des pistes non revêtues. C’est l’outil idéal pour l’aventure.
Optez pour des pneus 50/50 comme les Motoz Tractionator. Ils offrent une accroche nécessaire sur le gravier glissant. Le bitume mouillé reste aussi gérable en toute sécurité.
Pour ceux qui hésitent, une excursion en quad permet de tester la stabilité sur quatre roues. La moto demande plus de technique sur les pistes F.
La stratégie des trois couches pour rester au sec
Le climat islandais change toutes les dix minutes, il est donc conseillé de superposer une couche technique, une thermique et une protection imperméable pour rester efficace. C’est la base pour ne pas subir le voyage.
Utilisez une base technique, une couche intermédiaire thermique et une membrane extérieure 100 % imperméable. Les températures oscillent entre 5 et 15°C, même en plein été.
Autre point important important, la protection des extrémités pour qu’ils restent au sec coute que coûte, c’est-à-dire les mains et pieds. Des gants trempés gâchent rapidement votre journée de roulage. Il faut aussi avoir des bottes réellement étanches pour les passages de gués qui sont fréquents sur les F-Roads.
Comme la fatigue vient souvent du froid persistant, il faut Garder toujours une couche sèche de rechange dans vos valises étanches. Un corps au chaud permet de rester concentré sur la route.
Checklist de l’outillage de survie mécanique
Emportez le strict nécessaire pour intervenir rapidement sur la piste :
- Kit de mèche pour crevaison et pompe compacte
- Clés de base et leviers de rechange
- Graisse de chaîne et ruban adhésif renforcé
Un garage peut se trouver à des heures de route, surtout dans les Hautes Terres, et appeler une dépaneuse peut coûter extrêmement cher, plusieurs centaines d’euros. Savoir réparer une petite panne, comme une crevaison, est donc vital. L’autonomie mécanique est votre meilleure alliée dans les Hautes Terres.
Vérifiez votre visserie régulièrement, car les vibrations des pistes desserrent tout. Soyez vigilant chaque soir lors de votre étape.

Dompter les pistes et les pièges naturels
Bien préparé, vous voilà face aux éléments, là où la technique pure prend le pas sur la théorie.
L’art délicat du franchissement de gués
Lors d’un passage des gués, il est important de toujours examinez l’eau avant d’entrer. Observez bien le courant et la profondeur réelle du passage et ne foncez jamais sans avoir une trajectoire de sortie claire en tête.
Voici quelques conseils :
- Restez debout sur les repose-pieds pour garder l’équilibre.
- Maintenez un filet de gaz constant sans couper, cela stabilise la moto dans le lit de la rivière et évite de caler.
- L’eau peut être traître, donc faites preuve de prudence, il faut regardez loin devant vous pour garder le cap.
- Si la profondeur dépasse 50 cm, la technique devient vraiment exigeante.
Attention aux rafales de vent soudaines, aux moutons qui traversent sans prévenir et aux niveaux d’eau qui varient brusquement dans les gués.
Garder le cap face aux vents latéraux
Le climat islandais et la météo n’est pas toujours clément et l’un des élements prépondérant est le vent. Il faut donc anticipez les rafales car le vent islandais est une force brutale. Il peut déporter une moto chargée sur plusieurs mètres, il faut donc être toujours prêt à corriger sa trajectoire.
Serrez fermement le réservoir avec vos genoux pour faire corps avec la machine. Inclinez légèrement la moto face au vent, car cela permet de compenser la poussée latérale sans paniquer.
Les plaines de sable du sud sont célèbres pour leurs tempêtes violentes (parfois accompagnée de sable volcanique). Consultez régulièrement les applications météo locales comme Vedur.is et ne sous-estimez jamais la puissance des courants d’air.
Conduite sur gravier et tôle ondulée
Le gravier demande une grande souplesse de pilotage. Il faut laissez la moto bouger légèrement sous vous. Ne crispez surtout pas vos bras sur le guidon pour garder le contrôle.
La tôle ondulée génère des vibrations épuisantes pour le pilote. Trouver la bonne vitesse est la clé du confort. Accélérer un peu permet parfois de « survoler » littéralement les crêtes.
Baisser un peu la pression des pneus augmente l’adhérence et le confort. C’est une astuce simple mais efficace, mais il ne faut pas oubliez de regonfler dès que vous retrouvez le bitume.
Quel itinéraire choisir selon votre niveau ?
Maîtriser sa machine est une chose, mais choisir le bon terrain de jeu en est une autre.
La Route 1 pour un tour d’Islande sans gués
Le plus simple si c’est votre première fois en Islande est de faire le tour par la route circulaire. C’est l’option idéale car le parcours reste accessible à tous et les paysages et sites touristiques sont magnifiques.
Cela vous permettra :
- De découvrir les plages de sable de noir du sud, les glaciers du Vatnajökull, le lagon de Jökursalon.
- Découvrez les fjords de l’est avec les belles montagnes qui plongent dans la mer.
- Prenez le temps de visiter Akureyri, la petite capitale du Nord du pays.
La route est globalement excellente et elle serpente entre les glaciers et les cascades sans exiger de franchissements périlleux. Le bitume facilite grandement la progression.
L’aventure brute sur les F-roads des Hautes Terres
Les pistes F ouvrent les portes du désert central et des Hautes Terres. C’est un monde minéral, sauvage et parfois intimidant. Seuls les motos trails s’y aventurent vraiment.
Attention car là-bas, aucun service n’existe à des dizaines de kilomètres à la ronde. Vous devez être totalement autonome en eau, nourriture et avoir le sens de l’orientation. Prévoyez bien vos réserves de carburant, car les stations sont inexistantes dans ce secteur.
Plusieurs joyaux existent dans cette région, notamment :
- Le Landmannalaugar est une récompense visuelle, ses montagnes colorées marquent l’esprit de chaque motard aventurier.
- L’immense caldeira d’Askja et son petit cratère Viti
- Les montagnes colorées de Kerlingarfjöll
Respecter les règles locales et l’environnement
La nature islandaise est extrêmement fragile. Il faut donc respecter un certain nombres de règles :
- Il est interdit de rouler sur la mousse, car cela peut causer des dégâts visibles pendant des décennies. L’interdiction du hors-piste est donc totale et stricte.
- Respectez scrupuleusement les limitations indiquées. Les amendes sont lourdes et les radars fréquents, même en zone isolée. Ne dépassez jamais le 90 km/h sur l’asphalte.
- Attention aux moutons, oiseaux ou rennes qui peuvent traverser les routes.
Logistique de survie et budget du voyage
Pour que l’aventure reste un plaisir, la gestion du quotidien et du portefeuille demande une certaine rigueur.
Gérer l’autonomie d’essence en zone isolée
- Localiser les pompes est vital : les stations-services sont rares dans les Hautes Terres.
- Conseiller le bidon est judicieux : emporter cinq litres de secours est une sécurité mentale, cela évite la panne sèche au milieu de nulle part.
- Planifier les étapes reste essentiel : ne passez jamais devant une station sans faire le plein. C’est la règle d’or du voyageur en Islande.
Dormir sous tente ou privilégier les refuges
Comparer les options est nécessaire : le camping offre une liberté totale et un coût réduit (souvent 20 à 30 euros la nuit). Les refuges apportent chaleur et rencontres humaines, mais sont beaucoup plus chers.
On peut aussi parler des sources chaudes, qui sont incontournables en Islande. C’est le meilleur remède après une journée de roulage, car cela va détendre muscles dans une eau naturellement chauffée.
Prévisions budgétaires pour deux semaines
Avant de partir, il est important de chiffrer les dépenses et cela demande de la précision :
- L’essence et la nourriture pèsent lourd dans le budget.
- Comptez environ 1500 à 2500 euros pour quinze jours tout compris.
Réduire la facture est possible, avec quelques conseils simples :
- Faites vos courses dans les supermarchés comme Bónus
- Cuisiner soi-même économise une fortune par rapport aux restaurants.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter ces 9 conseils pour les voyageurs.
Quelques questions sur un voyage en moto en Islande
Partir à l’aventure sur les routes islandaises demande un investissement certain. Pour un périple d’environ 5 000 km, vous devez compter un budget global avoisinant les 8 000 €. Ce montant englobe le transport en ferry, le carburant, ainsi que vos frais de restauration et d’hébergement sur place.
Pour limiter les dépenses, je vous conseille de privilégier les supermarchés comme Bónus pour vos repas, car un plat au restaurant coûte environ 30 €. Gardez aussi en tête que l’essence est légèrement plus chère qu’en France et que le prix des hébergements varie généralement entre 130 € et 180 € la nuit.
Le choix dépendra surtout de la durée de votre séjour et de votre attachement à votre propre machine. Louer un trail comme une BMW F 800 GS vous coûtera environ 321 $ par jour, tandis qu’un modèle plus récent comme la R 1300 GS peut monter à 444 $. C’est une option pratique qui vous offre une grande liberté par rapport aux transports publics limités ou aux taxis très onéreux.
Si vous préférez rouler avec votre monture, le ferry de la Smyril Line est la solution idéale. Au départ du Danemark, les tarifs aller-retour en été débutent autour de 703 € par personne avec une moto. C’est souvent plus rentable pour les longs voyages, mais pensez à réserver plusieurs mois à l’avance pour obtenir les meilleurs prix.
Si vous choisissez d’expédier votre moto par container vers Reykjavik, il faut être prévoyant. Le transit maritime prend généralement entre 20 et 60 jours selon l’itinéraire. Depuis certains ports européens, cela peut être plus rapide, environ 4 à 21 jours, mais anticipez toujours les aléas météo et les procédures douanières.
Côté administratif, pour une importation temporaire touristique, vous devrez remplir une déclaration en ligne avant votre arrivée. La douane islandaise vous enverra les instructions par mail environ 30 jours avant le départ. N’oubliez pas que pour une importation permanente, les frais de dossier et de carte grise s’élèvent à 64 800 ISK.
La conduite en Islande est une expérience unique mais exigeante. Vous devez rester très vigilant face aux changements météo soudains et aux moutons qui traversent régulièrement la chaussée. La route circulaire n°1 est goudronnée et accessible à tous, mais les pistes des Hautes Terres (F-roads) sont réservées aux motos de type trail et demandent une expérience du gravier.
Le respect de l’environnement est primordial : le hors-piste est strictement interdit car la nature est fragile. Soyez également attentif aux limitations de vitesse, car les amendes sont lourdes. Enfin, notez qu’à partir de 2026, une redevance kilométrique sera appliquée à tous les véhicules circulant sur l’île.
Même en été, les températures dépassent rarement les 15°C et la pluie est fréquente. La règle d’or est d’utiliser la technique des trois couches : une couche technique, une couche thermique et une protection totalement imperméable. Vous devez impérativement rester au sec pour ne pas subir le froid.
N’oubliez pas d’emporter des gants et des bottes de haute qualité, car l’humidité est constante. Un bon équipement de protection est votre meilleur allié pour profiter des paysages grandioses, du Landmannalaugar aux fjords de l’Ouest, sans que le climat ne vienne gâcher votre plaisir de rouler.
Découvrez les autres modes de transport en Islande :
- La voiture que vous pouvez louer simplement ou bien amener en ferry
- Le vélo pour les plus sportif
- Le bus pour découvrir le pays autrement